Mali - Manœuvres diplomatiques et militaires de l’impérialisme français



 

 

Mali : un pas de plus vers la guerre

 

À l'initiative de la France et des pays de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) une résolution vient d'être votée à l'ONU en vue de préparer une intervention armée contre les groupes islamistes et les forces du MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) qui tiennent le nord du Mali. Cette résolution donne 45 jours au Mali et à la CEDEAO pour « présenter un plan précis, et peaufiner les aspects techniques et militaires ». Ce délai accompagné de quelques « exigences », ne semble pas plaire aux dirigeants maliens, plus particulièrement à ceux qui, parmi eux et dans les casernes, voudraient une intervention immédiate et sans condition pour « libérer le Nord ».

Le 11 octobre dernier, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Bamako pour réclamer une intervention militaire ouest-africaine appuyée par l'ONU. Visiblement, cette manifestation (qui n'est pas la première du genre) a été téléguidée par le pouvoir en place, qui a saisi la perte du contrôle de la région Nord pour entonner un discours ultranationaliste. Cela lui permet de faire oublier le reste, à savoir : la corruption et les détournements de fonds qui règnent au sommet de l'État, les bas salaires, les blocages des salaires dont sont victimes les petits employés de la fonction publique, la hausse des prix des denrées de première nécessité, la détérioration des services publics et du transport entre les villes et les régions, etc.

Nous reproduisons ci-dessous un article extrait du TABALLE (daté du 25 septembre 2012) un bulletin que nous distribuons dans quelques foyers de travailleurs immigrés d'Afrique noire dans la région parisienne.

 

Mali : pas de soutien à la politique guerrière du pouvoir !

 

Après avoir tourné autour du pot durant quelques semaines, le gouvernement malien a fini par demander officiellement l'aide militaire, en matériel et en hommes à la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), et à l'ONU. Les dirigeants français se disent prêts à appuyer une intervention armée dans le Nord malien sans toutefois vouloir être « en première ligne ». Des engins de mort et des commandos de « forces spéciales » sont déjà sur pied de guerre.

Du côté des dirigeants maliens, on a commencé depuis le début du conflit dans le Nord à entonner les discours nationalistes. On parle de « frontières sacrées », de « l'intégrité du territoire national » auquel on ne pourrait soustraire un seul centimètre carré, etc. On parle aussi de plus en plus de faire « l'union nationale » autour de la politique de l'actuel gouvernement.

Mais les travailleurs n'ont aucun intérêt à défendre les frontières que les colonialistes ont tracées en Afrique pour diviser les peuples. Ils n'ont aucun intérêt à se mettre à la remorque des voleurs et des dictateurs qui sont au pouvoir. S'ils acceptent de cautionner la politique nationaliste et militariste des dirigeants actuels, eux et leurs familles seront les premiers à en souffrir. Car ce sont toujours les populations pauvres qui payent d'une manière ou d'une autre les frais de la guerre.

 

Article suivant :